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Eloge funèbre de Frederick J. Heath
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Service Funéraire Pour Frederick J. Heath

20 mars 1916 – 28 décembre 1999

L’éloge funèbre

Les passages de la bible qui furent lus, les hymnes à connotation fortement traditionnelle choisis, me rappellent Fred Heath. Il n’y a pas vraiment de surprise de ce côté là. Ils expriment typiquement la foi et sa pratique, la confiance et l’espoir qui étaient fondamentaux dans la vie et la foi de Fred.

Quelles que soient les choses qui sont vraies
quelles que soient les choses qui sont honnêtes
quelles soient les choses qui sont justes...
ces choses le sont.

Cela ressemble à Fred pour moi: le scientifique, l’ingénieur, le steward, le Kiwanien, le mari, le père et ami loyal.

Ce qui me surprend c’est de chercher des vers de poésie en ce moment. Je le confesse, je ne conçois pas facilement Fred comme un poète. Il semblait beaucoup trop pratique pour cela. Mais mercredi, Rick (puis-je t’appeler “Rick” juste pour aujourd’hui par souci de clarté ?) - Frederick m’a fait part d’un vers de Robert Browning :

Ah, mais la portée d’un homme doit excéder celle de ses bras sinon à quoi servirait un paradis ?

C’est tiré d’ « Andrea del Sarto » de Browning et parle des réflexions métaphysiques de l’artiste.

Cela se poursuit par,
... Amour, nous sommes entre les mains de Dieu.
Quelle étrange vie il nous fait mener;
Nous semblons si libres, et nous nous enchaînons si rapidement!

Et il continue en disant:
Moi, tirant ma peinture de moi et pour moi,
Sais ce que je fais, je suis insensible aux blâmes des hommes
Ou à leurs éloges ...
Ah, mais la portée d’un homme doit excéder celle de ses bras sinon à quoi servirait un paradis ?

Surprise! Cela ressemble à du Fred aussi! Il se peut qu’il n’ait pas été insensible mais on ne l’atteignait certainement pas facilement. Mon prédécesseur au pupitre, Dr Bob Mumford, qui arrivait à environ un pied en dessous du menton de Fred, a parlé de lui avec un doux mélange de terreur respectueuse et d’humour comme de l’ « éminence grise » ! Pour un homme de sa taille, Fred se déplaçait aussi lestement qu’un chat comme auraient pu le dire Gilbert et Sullivan. Soudainement il était à vos côtés ou à votre porte et on était prêt à se confesser.

Après le décès de sa compagne Jessie il y a 5 ans, nous avons surveillé Fred avec inquiétude pour voir s’il allait continuer à fréquenter St George presque quotidiennement. Il se peut qu’il ait été absent de son banc un dimanche mais après cela il fut de retour et avec ton soutien continuel Rick, il a continué avec une détermination tranquille son rôle de ministre du culte à cet endroit qui était tout à fait unique.

Bien que sa carrière en génie électrique se soit déroulée principalement ici à Toronto, Fred n’a jamais vraiment oublié ses racines de l’ouest. Lui et Jessie étaient les représentants locaux des anciens de leur Alma Mater bien-aimé, l’université d’Alberta. Leur propre relation s’est formée bien avant l’université. Leurs parents étaient amis et donc Jessie et Fred se connaissaient depuis l’enfance. L’histoire raconte qu’ils ont dormi dans le même berceau (mais Jessie ajoutait toujours rapidement “mais pas en même temps” et Fred souriait).

Pour être honnête, je ne me souviens pas d’avoir entendu Fred éclater de rire. Il riait sous cape en évoquant des souvenirs avec de vieux amis au Petit-déjeuner Annuel de Prières de l’Ontario, auquel il participait religieusement et auquel je fus invité comme son hôte pendant huit ans. Il n’est jamais parti avant d’avoir cherché et trouvé des amis importants qu’il voulait saluer.

Fred était encore au lycée quand il obtint son premier permis de radio amateur. Ensuite il étudia le génie électrique à l’université d’Alberta et suivit des études supérieures au célèbre M.I.T., Massachusetts Institute of Technology, au moment où les nuages de la seconde guerre mondiale se formaient au dessus de l’Europe. Fred fut bientôt employé par le Conseil National de Recherches, et prêté à l’armée canadienne pour travailler sur le développement des systèmes radar embarqués. Il n’eut jamais à porter l’uniforme et il en était reconnaissant car il n’avait pas à saluer! Après la guerre, Fred resta à la Canadian General Electric pendant vingt cinq ans, et voyagea ensuite à travers la province pour le compte d’Ontario Hydro pendant douze ans. Plus récemment il fut nommé directeur canadien de l’IEEE, l’Institut des Ingénieurs Electriciens et Electroniciens.

En dehors de son travail, qu’il aimait tellement qu’il était réticent à accepter un salaire (selon Rick), Fred était un membre loyal et actif des Kiwanis de Toronto Nord et a vendu plus que sa part de pamplemousses! Il était aussi bénévole au C.N.I.B. offrant son expertise technique et donnant des cours de radio. Il s’est adapté à la révolution informatique avec facilité et un grand intérêt.

Les derniers mois de Fred n’ont pas été faciles. Mais bien que « l’homme extérieur » se soit trouvé diminué, « l’homme intérieur », l’homme que Rick connut comme un homme fort, silencieux, sérieux, déterminé et sincère était toujours là. Avant que l’infirmière n’arrive l’autre jour, il voulait s’asseoir sur le bord de son lit. Quand elle arriva, elle et Rick le soutinrent dans son effort et quelques instants plus tard il mourut dans les bras de Rick – dans les bras de Frederick – et renaquit dans les bras de Dieu.

La devise de l’université d’Alberta (en latin bien sûr) est “quelles que soient les choses vraies”. Fred était autant fidèle à cette devise qu’à sa famille, à ses amis et à sa communauté dans la foi. Son « éminence » nous manquera.

- et tout le monde dit, AMEN.


Eloge funèbre récité par: Rev. Ian MacLean, College Street United Church, 454 College Street, Toronto, Ontario, M6G 1A1

page d'accueil    dernière mise à jour : 14 novembre 2003    vos commentaires